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Évasion : 20 ans et toutes leurs dents ! |
Dominique Bouchery et son Espoir Williams qui imagine d’autres lendemains au fond d’un verre de marc, d’un litre de « y’en a marre », Cécilem la tête dans les étoiles d’un cinéma qui lui ouvre ses portes, Évasion dans sa nouvelle et joyeuse création, la chanson rhône-alpes n’a que peu brillé en quantité sur Avignon cette année. Mais en qualité, convenons qu’il y’avait bonne mesure, bon pied, bon poids.
Évasion, du vent dans les voiles…
Vingt ans qu’elles chantent et nous enchantent, qu’elles colorent la chanson des atours du monde, qu’elles abondent notre réflexion des espoirs, de la douceur et de la colère des peuples. En version française comme en version originale arabe ou catalane, russe ou brésilienne, en breton comme en espagnol, en japonais comme en des tas de langues et idiomes parlés dans chacun des continents. Vingt langues au total… On les a vues grandir, prendre la nécessaire assurance. On les a vues un jour tenter leur propre langue française, maternelle ou d’adoption pour dire sans ambages ce qu’elles ont sur le cœur. On les a vues, soutenues dans leurs différents spectacles, à chaque nouvelle étape. Et les voici, vingt après le phénomène socioculturel où elles furent alors cantonnées, ghettoïsées presque. Les filles sont depuis belle lurette devenues femmes, plus même : grandes dames. Là, elles se permettent Du vent dans les voix. Et plus encore de la joie, du ludique et du rire dans leur tour de chant.
Ce sont elles, Laurence, Anne-Marie, Nathalie, Soraya et Gwenaëlle, qui vous accueillent et presque vous placent, parées de leurs chants de bienvenue. Délicate attention vraiment… Puis alternent des chants indignés par la marche du monde et d’autres de joie, dans une légèreté nouvelle, presque inespérée. C’est sans doute là que l’Évasion nouveau est à trouver. Sans être cour de récréation, la scène est cette fois-ci comme aire de jeu et les chanteuses gamines, complices, camarades de jeu. C’est joyeux, sans jamais rien abdiquer du fond, sans oublier propos cinglants et chansons. C’est vrai qu’on peut rire à gorges déployées en « canta la liberta » ! Nos cinq ne nous parlent que d’elles. Et par elles que de nous. De leurs désirs d’avenir quand, ensemble, toutes jeunes filles, elles s’y voyaient déjà. Rêves fous d’amour et de richesse, de gloire, de bonheur assurément. De liberté, d’égalité, de fraternité… Toutes, point de départ, ont grandi dans le même quartier. Et chacune, à partir de là, de se farder le réel, de réinventer autre chose, marin en haute-mer ou Gavroche ou épouse du Che… « Tant qu’il y aura des hivers / Il y aura des printemps… » Les filles sont étonnement mobiles, gagnant tout l’espace à leur cause, à leurs jeux, leurs déambulations. Même le clavier de Serge Besset est mobile, qui va, qui vient, glisse sur cette piste nappée de notes, inondée de chants. Par des chansons en d’autres langues, on peut avoir la furtive impression que nos cinq baissent la garde, butinent le futile. Il suffit d’un texte pour savoir que notre distraction n’est pas la leur, que derrière des notes joyeuses se cachent toujours, avec le même entrain, des mots acérés, résolus. Elles se parent des langues et des cultures. Des religions aussi ? « Que de crimes ne commet-on pas / Pour un dieu qui n’existe pas ! » reprennent-elles à Entre 2 Caisses. Avec la même assurance, avec leur force multipliée, elles empruntent pareillement à Bühler son Vulgaire. Car la première liberté qu’elles ont en tant que femme est celle de la parole. Elles disent, elles chantent, sans entrave.
Sûr que leur chant ne passera pas souvent à la télévision, qu’il ne participera pas à l’Eurovision de la Chanson (l’imaginez-vous en direct devant toutes les nations ?). Sur que leur rêve de liberté n’est paradoxalement pas grand public, mais qu’il est doux à nos oreilles, qu’il est salutaire à nos vies. Qui plus est sans violence, avec le sourire, la gaieté. Dieu que ce combat est joli…
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ARDÈCHE // FERRAT TOUJOURS EN TÊTE DES VENTES |
Les semaines se suivent et se ressemblent : c'est invariablement le Best-of de Jean Ferrat (un triple cédé) qui caracole au fil des semaines en tête du classement des ventes, ce depuis sa sortie à l'automne dernier. Le décès du chanteur ne fait que prolonger, qu'amplifier cette vente. A noter aussi la sortie d'un hors-série Jean Ferrat (fait de plein d'entretiens du chanteur publiés au fil des décennies et de pas mal de témoignages) du quotidien L'Humanité avec le DVD de l'émission Discorama de Denise Glaser. Un collector autant qu'une pièce de choix pour toute discothèque ordonnée. La mort de l'ermite d'Antraigues suscite, on s'en serait douté, une certaine fébrilité chez les éditeurs : c'est à qui sortira son Ferrat le plus vite pour rafler la mise. Le lauréat, premier à « dégainer », est L'Archipel qui, dès mars, ressortait opportunément le Jean Ferrat, une vie de Jean-Dominique Brière, paru en 2003, dont le bandeau rouge sur la couverture insiste bien sur le fait que c'est la première biographie lui étant consacrée. On aura du mal à défaire de cette ressortie sa désagréable odeur : le cadavre de Ferrat n'était pas encore froid que l'encre du nouveau tirage était déjà sèche. Dans la presse écrite on appelle « conserve » la nécro réalisée et stockée dans l'attente de l'effectif trépas qui, bonne pioche, dopera les ventes : comment nomme-t-on ça chez les éditeurs ? Ce mois de juin est sorti le Jean Ferrat tout simplement de Michel Valette. L'ex directeur de La Colombe qu'il est a particulièrement bien connu Ferrat, au moins à l'époque des cabarets. C'est dire si le témoignage peut être intéressant. Ferrat toujours, on attend très prochainement la bio de Daniel Pantchenko, ex-journaliste de Chorus (déjà auteur d'un ouvrage, avec Marc Robine, sur Charles Aznavour), à paraître aux éditions Fayard. Cela fait, semble-t-il, quelques années, que Pantchenko travaille à ce livre, livre dont nous reparlerons bientôt ici. (photo Françis Verhnet)
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RHÔNE // SORTIES DE DISQUES A LA RENTRÉE 2010 |
Le premier opus de Buridane (notre photo) sera dans les bacs en septembre (son maxi d'octobre 2008 est définitivement épuisé : attention collector !) ; le premier de Caroline Personne (qui plus est dans un répertoire personnel) à la mi-octobre ; le troisième d'Évelyne Gallet à la mi-décembre ; le deuxième de Noah Lagoutte en février 2011. Que des dames ! Chacune d'elles trempera son cédé tout neuf dans les fonds baptismaux d'A Thou bout d'Chant au moment même de la sortie de leur album respectif. |
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SAVOIE // « LEPRESTISSIMO » EN PROJET A CHAMBÉRY |
Il va nous falloir attendre quelques mois encore pour cette création dont l'intitulé nous titille déjà : Leprestissimo avec Gérard Morel (par ailleurs metteur en scène), Romain Didier (qui en assure aussi la direction musicale), Elsa Gelly, Hervé Peyrard, Catherine Wald'Teufel et cinq à six musiciens, pour une instrumentalisation un peu particulière de chansons ainsi revisitées. Création le 1er février 2011 sur la Scène nationale de Chambéry puis en tournée (Portes-lès-Valence, Montbrison, Saint-Priest et Saint-Martin d'Hères).
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