| LE TRAIN-THÉÂTRE, À PORTES-LÈS-VALENCE |
Un train d’avance… De prime abord vous le cherchez, caché qu’il est au sud de l’agglomération de Valence. Soyez certain qu’une fois que vous l’avez trouvé, vous ne l’oublierez jamais. Le Train-Théâtre est certes le théâtre municipal de cette cité cheminote qu’est Portes-lès-Valence. Mais il est bien plus encore : par essence, par identification, par sa quotidienne réalité, il est l’un des plus importants lieux qu’il puisse être donné à la chanson. A toute la chanson d’expression française, à tous ses courants, qu’elle soit en play-list d’Inter ou dans à l’écart des médias, qu’elle soit « chanson de paroles » comme on dit à Barjac ou qu’elle se frotte au rock, qu’elle rap ou blues, une chanson qui trouve là un havre, un lieu de rencontre, de confrontation, de création. Oh, c’est pas l’importance de la jauge, non… Quatre cents quarante-cinq places au maximum, le zénith est carrément loin, très loin. Mais ça permet quand même de réunir nombre d’artistes. A lire la liste de ceux qui se sont produit au Train-Théâtre, on a un peu le tournis, tant qu’à quelques exceptions près – des stars souvent – c’est, de Robert Charlebois à Loïc Lantoine, de Cécilem à Rachid Taha, de Claude Semal à Jacques Higelin, de Pierre Perret aux Weepers Circus, toute la chanson qui s’est refilé l’adresse de cet « artisan faiseur d’émotions depuis 17 ans », « manufacture municipale » fondée en 1993. En fait plus de huit cents artistes accueillis, quatre cents compagnies et près de trois cent mille spectateurs. On ne caftera pas mais certains chanteurs, certaines chanteuses aussi, semblent avoir ici leur rond de serviette, habitués qu’ils et elles sont du lieu tellement l’adresse est bonne.Ce temple de la culture est né en pleine campagne, sorti de terre en 1993, par une volonté politique forte, résolue. Le projet artistique en fut élaboré par Patrick Ducré, le premier et emblématique directeur, celui des dix premières années. Auquel a succédé avec grand talent Luc Sotiras en 2004 (l’équipe permanente est de neuf personnes). L’essentiel de la programmation relève donc de la chanson. Et par extension, un peu, de la musique, jazz et musiques du monde notamment. Avec aussi une jolie inclinaison pour les arts du cirque et, sur l’écran noir de ses nuits blanches, pour le cinéma. Jusqu’à il y a peu, cette programmation chanson masquait un festival, à l’intérieur (un peu comme le cadeau kinder dans l’œuf en chocolat). C’était « Aah ! Un festival ! » Avec une idée sympa qui voulait marier les chanteurs en scène. Mais l’hymen public ne fonctionnait pas toujours. Pas vraiment le temps de jouer le jeu des alliances. Et voilà que, cette année 2010, ce festival est devenu « Aah ! Les Déferlantes ! », récupérant dans les faits « Les Déferlantes » de Cap-Breton, arrêtées après 11 éditions causes à des moyens insuffisants. D’un coup d’un seul, la chanson francophone d’Amérique du Nord déferle aux portes de Valence ? Oui. Et non. Car Sotiras programme régulièrement de ces chanteurs cousins. En faisant parfois l‘événement. Comme ce Desjardins symphonique d’il y a deux ans. Comme de Grand 8, échange franco-québécois, troc d’artistes qui chaque fois se produit au Train-Théâtre. Pas de surprise donc pour l’accueil de cet indispensable festival, porte d’entrée pour une chanson québécoise et acadienne forte et pertinente, chez nous complètement ignorée, masquée par ces poids lourds que sont tous les Garou des loups du showbiz et ces Dion si douées.La programmation à venir vient de tomber, que voici, avec son lot de surprises bienvenues, avec son équilibre des genres, remarquable alchimie d’une chanson qui toujours va de l’avant. Comme cette salle qui, loin du train-train, va loin dans cet art si particulier qu’est la chanson. La programmation : Septembre : Les 3 Moustiqu’r (sam 25). Octobre : Les Doigts de l’Homme (jazz manouche, sam 2) ; Les Étrangers familiers (jazzy, hommage à Brassens, mard 5) ; Clarika/Jean-Jacques Nyssen (vend 15) ; Bïa (chanson du monde, jeud 21) ; Yannick Jaulin (conte contemporain, vend 22). Novembre : « Le Grand 8 » (chanson francophone, vend 12) ; Da Silva (lund 15) ; Lokua Kanza (chanson du monde, vend 19) ; Kent (mard 23) ; Leonora Miano (sam 27). Décembre : Hindi Zahra (jeud 2) ; Jeanne Cherhal (mard 7) ; JP Nataf + Albin de la Simone (vend 10) ; Les Blérots de R.A.V.E.L. (mard 14) ; Life is not a picnic (chanson jazzy, sam 18). Janvier : Sarcloret (vend 14) ; Daphné (vend 21). Février : A Filetta (polyphonies corses, mar 1er) ; Christian Terzian (sam 5) ; « Leprestissimo » (hommage, mard 8) ; Agnès Bihl + Hervé Akrich (mard 15) ; Lanceurs de toupies (jeune public, merc 23) ; Raspail + Naïf (jeud 24). Mars : « Aah ! Les Déferlantes ! » avec Catherine Major + Damien Robitaille (mer 16), Luc de La Rochelière + Stéphane Côté (jeud 17), Zachary Richard + Danny Boudreau + G. Toupin (vend 18), Suroît + Vent du Nord (sam 19) ; Jeanne Garaud + Éric Lareine (jeud 24), Enzo Enzo (pour tout public le mard 29, pour jeune public le lendemain). Avril : Florent Marchet (vend 1er) ; Zaz + Vendeurs d’enclumes (mard 19). Mai : Fantasia Orchestra (pop fanfare, mard 10) ; Le Trio Jourdan (musique du monde, Palestine, sam 14) ; Oskar et Viktor 2 (vend 20) ; « La Nuit de tous les jazz » (sam 28). - |