| Un webzine chanson |
EDITOAprès bien d'autres les années précédentes, 2009 a vu disparaître le magazine consacré à la chanson francophone "Chorus". Seul survit de ce naufrage le bimensuel Francofans. C’est déjà ça. Mais pas assez…Depuis qu’A Thou Bout d’Chant a ouvert ses portes en novembre 2001, notre volonté est d’être des « passeurs d’artistes » : passeurs entre le public et les artistes, entre les artistes et les artistes, entre les artistes et les programmateurs, entre les programmateurs et les médias… Thou Chant est un outil de cette volonté : partager avec le plus de personnes possible cet amour de la chanson qui nous tient debout du 1er janvier au 31 décembre. C’est également un outil de communication au service d’artistes en « émergence » qui, par manque de choix dans ce paysage audiovisuel français soumis à la dictature de la mondialisation et de la finance, ont de moins en moins d’espaces pour se faire entendre.
C’est pour aider les artistes à se faire entendre le plus largement qu’a été créé en 2009 le R.I.M.E.C., Réseau Interrégional Musique et Chanson. Cette association informelle regroupe des lieux de moins de 150 places sur tout le territoire de France métropolitaine. Les informations des différentes structures membres de ce réseau seront relayées chaque mois par Thou Chant. Pour alimenter et faire vivre ce magazine, nous avons choisi le fameux chroniqueur de feu Chorus, Michel Kemper. Son sens critique et sa qualité d’écriture nous semblaient deux atouts indispensables pour cette aventure. Son expérience et sa connaissance des gens du métier nous ont incité à lui décerner le titre de rédacteur en chef. Ce magazine est le sien. C’est donc une nouvelle page (web) de l’aventure d’A Thou Bout d’Chant qui commence avec ce premier numéro de Thou Chant. Cette aventure est rendue possible grâce à Nicolas Michel, son copain Vincent Bonnier et leurs connaissances des outils de création informatique. Cette initiative est possible grâce aux entreprises mécènes qui nous soutiennent financièrement depuis 2008. Il nous semble important de souligner ce fait afin d’éviter les amalgames. Pas un cent d’euro des aides publiques perçues par A Thou Bout d’Chant ne rentre en compte dans la fabrication de Thou Chant. Il n’est pas de bon ton dans les milieux culturels de mettre en avant les initiatives privées. Et comme ce n’est pas de bon ton, nous en parlons dans cet édito. Notre liberté absolue de conscience se fout pas mal de la langue de bois et du politiquement correct de mise dans « cette grande famille du spectacle vivant ». En diversifiant notre activité, nous espérons diversifier nos points de vue et enrichir notre manière d’exercer ce métier. Ce mélange de « mission de service public » et d’initiative privée que nous défendons nous permet de sortir des dogmes assénés à longueur de temps par ceux qui se sont appropriés les outils de service public de la culture. Les artistes font également partie des publics auxquels nous devons un service. Sans artiste, ce webzine n’aurait aucune raison d’être. Sans artistes, les lieux de diffusion n’existeraient pas. Sans artiste, pas de contre-culture. Sans artiste, la dictature… Frédérique GAGNOL & Marc DAVID
LE MOT DU RÉDAC’CHEFA force d’être partout, soluble comme le sucre dans mon café, la chanson est devenue banale, évidente, transparente. Un peu comme l’air qu’on respire. Tant qu’on a parfois, souvent, un p’tit air dans la tête. Et va-t-on se prendre la tête pour la chanson ? Va-t-on aller au devant d’elle quand elle nous arrive, chaque jour, par les tièdes robinets de la radio et de tout ce qui fait son, bien traitée, chlorée, aseptisée, sans danger ? On a maté, dompté la chanson, on l’a mise en bouteilles, calibrée, étiquetée, sériée, code-barrée. A chaque catégorie sociale et culturelle sa chanson, à chaque âge aussi. Dites-moi qui vous êtes et je vous dirais la chanson, de qui, de quoi avez-vous l’air. Et quelle eau, pisse ou Saint-Émilion, jaillit de vos canalisations, de vos tubes.
Nous, nous rêvons, nous vivons d’une autre chanson, une qui échappe autant que faire se peut à la logique, à la loi du commerce. Une qui ne sort pas des éprouvettes et cornues du showbiz, dosée juste ce qu’il faut pour rafler la mise, enfiler les Victoires comme d’autres des perles. Notre chanson à nous est libre comme l’air, comme l’eau sans les tuyaux. « Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive / Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent / Courez, courez vite si vous le pouvez / Jamais, jamais vous ne la rattraperez » (L’Eau vive, Guy Béart). Notre chanson est plurielle, aux ramifications multiples, aux racines tentaculaires. Aux pétales splendides. On ne la cultive pas en serres, et pas sans terre, sans terreau, c’est terrible. Elle est vivante. Et on ne le sait pas. Ou peu, ou mal. Rançon de son indépendance, elle ne tient pas longtemps à l’étal des marchands de journaux. C’est d’ailleurs une exception. Car il y a des magazines sur tout. Et surtout des magazines. Mais pas ou peu sur la chanson, enfin pas sur celle-là. La dernière grande revue a été fauchée à la dernière moisson. Exit Chorus. Infini paradoxe dans ce monde d’hyper-communication, il ne nous reste plus rien pour faire entendre cette chanson. Qui, le torse bombé et le verbe haut, est de toutes les barricades et n’a certes pas dit son dernier mot, n’a pas rendu son dernier souffle. Thou Chant est mensuel, libre comme l’air même s’il est pris dans la toile. Il ne peut être lu et donc être utile à la chanson que si on en connaît l’adresse. A vous, nos premiers lecteurs, d’en être les poteaux indicateurs, de le faire savoir, le faire découvrir, comme un cadeau précieux qu’on offre. Michel KEMPER
AU MENU CE MOIS-CIActualité de la salle-mère, À Thou bout d’Chant. Coup de projecteur sur Noah Lagoutte ; Des petites salles, toutes de moins de 150 places, se fédèrent en réseau, le R.I.M.E.C. On commence les présentations par le Centre de la Chanson et L’Imprimerie. Et d’autres coups de projecteur sur quelques-uns des artistes programmés ; L’épicentre de Thou Chant est en Rhône-Alpes, fertile terreau de la chanson. Michèle Bernard, Rémo Gary, Jean Ferrat, Hervé Lapalud, Jaal, « Chants de Mars », « Festival Région en scène », « Aah, les déferlantes », « Pas de poissons, des chansons »… en voici l’actualité pour le moins fournie ; Flopées de disques, somptueuses galettes. En trois parties distinctes. Les autoproduits autodiffusés (développement durable). Les labels, qu’ils soient grands ou petits, mais que vous pouvez trouver à l’étal de vos (rares) disquaires (les beaux labels). Et puis un disque rare, introuvable, tiré de derrière les fagots, que le lyonnais André Morison, notre disquaire attitré, exhume pour nous ; Les Artistes du mois. Trois pour ce premier numéro, dont deux rencontres : Allain Leprest et Alexis HK. Et le portrait d’un groupe de Haute-Loire : La Maison Quitienchaud ; La chanson ce n’est pas qu’être chanteur. C’est aussi plein d’autres métiers qui permettent aux artistes d’être sur scène. Rencontre, ce mois-ci, avec Achour Bessaa, régisseur général de la salle Jeanne-d’Arc ; Lieux peu communs de la chanson : La Presqu’île à Annonay (Ardèche) et Le Triomphe à Saint-Étienne (Loire) ; Les précieux liens d’une toile enchantée. THOU CHANT N°1, FÉVRIER 2010. THOU CHANT EST UNE PUBLICATION DE L’ASSOCIATION FM’AIRS-A THOU BOUT D’CHANT A LYON ; DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : MARC DAVID ; RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL KEMPER ; WEBMASTER : VINCENT BONNIER ; GRAPHISTES : NICO & PHASME. |