| NUMERO #16 - TOUT POUR LES SMAC, PEANUTS POUR LA CHANSON |
Les Smac sont-elles (vraiment)compatibles avec la chanson ?Ainsi donc Mitterrand (pas l’actuel commémoré, non, seulement le ministre de Sarkozy, ça relativise) veut que d’ici 2015 chaque département ait au moins une scène de musiques actuelles (SMAC) et annonce un plan de développement doté de 2,6 millions d’euros. C’est du moins ce qu’il vient d’annoncer à l’occasion d’une visite au Printemps de Bourges. L’objectif étant d’atteindre le nombre de cent Smac bénéficiant d’une convention de labellisation avec le ministère (contre soixante-dix au jour d’aujourd’hui).
La chanson n’a plus sa place sur la bande fm, pas plus à la télé hors ces artistes omniprésents, d’Hallyday à Zaz, de Bénabar à Sardou, qui y possèdent leur rond de serviette, mais il n’est pas sûr qu’on parle là d’une même chanson. Plus sa place dans la presse. Pas plus dans des salles qui n’existent pas ou plus, ou leur sont à présent inaccessibles, car trop coûteuses. Alors les Smac ? Eh ben non, c’est pas non plus pour eux : la chanson ça fait vieux, ça fait has-been, c’est pas communiquant. Oh bien sûr, les Fatals Picards, Catherine Ringer ou Louis Bertignac y seront accueillis les yeux fermés (et avec, par prudence, des bouchons dans les oreilles). Mais Serge Utge-Royo, Anne Sylvestre, Véronique Pestel ou Louis Capart, Philippe Forcioli ou Rémo Gary, Chanson plus bifluorée ou Alcaz ? Que des vieux ? Alors parlons de Coko, de Nico, de Nicolas Fraissinet et de pas mal d’autres encore… Eux sont jeunes, mais il font option chanson et, à l’examen, c’est pas bien. Les Smacs, c’est visiblement pas la place de son chanson, pas son format. Alors où ? Le ministre Mitterrand le sait-il ? A-t-il conscience qu’on tue un peu plus la chanson française chaque jour ? Compte-t-il faire un geste pour la cette spécificité culturelle qui s’estompe, ce chef-d’œuvre en (grand) péril ? Mais il faut faire d’jeune car on ne sait pas penser autrement, il faut faire utile et voyant en terme électoral. Qu’il y ait besoin de salles pour faire vivre les différentes expressions musicales, sans doute. Mais n’oubliez pas, cher Frédéric, que vous êtes comptable de cette chanson qu’on assassine, qu’on boute hors les salles et doit se réfugier désormais chez les particuliers, Chant’appart et autres petits, tout petits lieux. Et quand bien même il existe quelques lieux, ils comptent pour du beurre, ou peu s'en faut, dans les distributions de mannes, qu'elles soient ministérielle ou d'autres collectivités territoriales. Dans cette période où "le disque est tellement concurrencé" et où les pratiques musicales sont tellement fluctuantes", il est "important que les artistes puissent continuer à se produire" et que "l'Etat mette à leur disposition les scènes dont ils ont besoin", avez-vous déclaré à Bourges. Alors faites-le aussi pour la chanson ! MK (en photo, la Smac d'Auxerre) |