Stéphane Riva, pour ACP La Manufacture Chanson : « Notre truc, c’est la chanson et tout ce qui tourne autour : la voix, la scène, l’écriture, la musique et tant de choses encore… Certains pensent qu’il suffit d’ouvrir la bouche, de souffler en faisant vibrer quelques résonateurs... Nous, nous sommes sûrs qu’il faut ouvrir grand son cœur et surtout, avoir quelque chose à dire. C’est pourquoi nous tentons de faire en sorte que les gens se rencontrent, qu’ils partagent leurs savoirs et leur passion, de créer un lieu où les artistes se sentent bien et prennent le temps d’essayer et de chercher au plus profond d’eux-mêmes leurs mots justes, leurs propres notes, leur propre expression. Alors, encore et toujours, Laissez-vous chanter !... »
La Manufacture Chanson est la première école en France dédiée à la chanson. Dès 1981, Christian Dente avait créé les bases de l’école de la chanson à Nanterre, devenue par la suite Ateliers Chanson de Paris en 1983 et ACP la Manufacture Chanson en 2000. Elle dispense une pédagogie respectueuse de la personnalité des artistes, par des formations adaptées aux envies et aux besoins de chacun : pratique de loisir, école de la chanson, formation continue, coaching d’artistes, stages… Les formateurs sont tous eux-mêmes artistes (chanteurs, auteurs, interprètes, musiciens, comédiens, metteurs en scène…) ou des professionnels du spectacle vivant.
Julie Rousseau en résidence, les lundis jusqu'au 29 mars ;
Garden Swing et Claude Neau, vendredi 26 mars,
Ann’ Clair, samedi 27 mars,
Duo Novembre, vendredi 2 avril.
Coup de cœur, coup de pouce : KATRIN’ WAL(D)TEUFEL
Charité bien ordonnée… Katrin débute disque et récital par un air qui d’emblée fait résonance en nous. Elle se fait son cinéma de minuit, par la célèbre musique de l’émission éponyme. C’est Amours et Printemps, une valse d’… Émile Waldteufel, le tonton. L’Adn bien calé, évidente traçabilité, on peut continuer, tout respect pour l’aïeul autant que pour l’insigne héritière aux droits d’auteurs forcément mirobolants. Elle, c’est donc Katrin’ Wal(d)teufel, avec la coquetterie du d cerné, cerclé de parenthèses. Son blaze signifie forêt chez nos amis teutons et est, c’est selon, avantage ou handicap. Car imprononçable, sauf à bien prendre son élan, à retenir son souffle. Peu commun, il sied donc à merveille à une artiste carrément hors du lot. Imbert Imbert fait duo et conversation avec sa contrebasse ; elle, elle joue et se joue d’un violoncelle, son « cello », instrument peu commun, pas nécessairement pratique pour chanter. Violoncelle et chanteuse entretiennent les rapports conflictuels qu’on devine, chacun tirant la couette à soi, combat d’égo. Le spectacle se nomme le Cello woman show, qui nous entraîne dans un monde où règne une douce et charmante folie. Dotée d’une solide formation classique (de famille, donc), Katrin’ Wal(d)teufel écrit ses premières chansons en 2002, qu’elle défend dès lors dans des salles parisiennes telles que l’Européen, le Lavoir Moderne, le Forum Léo-Ferré ou le Nouvel Essaïon. Premier album, Tilleul-Menthe, puis tournée en Autriche et dans toute l’Allemagne. C’est au retour de sa germanique escapade qu’elle crée, avec grand succès, son Cello woman show, dont elle tirera disque. Son répertoire ? A part le familial patrimoine, c’est, comment dire… particulier, un peu déjanté, truc tordu par tous les bouts, joli délire. Sauf peut-être pour L’Affiche rouge, d’Aragon-Ferré, où d’emblée surgit et s’impose l’émotion… C’est sûr qu’un phénomène est né, pas de ceux qu’on exhibe sur les foires ou comme numéro au Gala des artistes, non, mais de ceux dont on prend un plaisir rare à rentrer dans son univers, à en dompter les codes, à se frayer un chemin. Pour apprécier et, au bout du compte, follement aimer. « Au pays de la Katrin’, on vibre, on pleure, on rit… » lit-on sur sa bio. C’est vrai. En plus on applaudit sans réserve.
Katrin fut lauréate de « Vive la reprise 2008 » et « Coup de coeur du jury de Mars en chansons 2009 ».