La bande à Desmas et Morel fait ses Tranches de scènes

« Le Centre de la Chanson ? C'est l'endroit où on débarque quand on veut faire de la chanson et qu'on arrive dans la Capitale » Gilles Roucaute
L'événement de ce mois est sans conteste la sortie du tome 8 de « Tranches de scènes / Chansons en stock », dévédé entièrement consacré au Centre de la chanson, ce « dernier bastion de la chanson où se retrouvent auteurs et compositeurs » comme le dit Béa Tristan, joli bougie d'anniversaire pour ses vingt ans. Vingt ans, vingt artistes sur scène, sur cette vidéo, un peu plus si on compte ceux qui, de passage en ce centre de vie, cet épicentre de la chanson artisanale, viennent témoigner devant la caméra. Vingt artistes, c'est beaucoup et peu, fort peu à la fois, bien en deçà de ceux qui ont connu en cet endroit une scène mémorable. Mais la sélection, forcément incomplète, cruelle, est à l'image de ce lieu : Gildas Thomas (lauréat Vive la reprise* 2005), Anna Flori (lauréate Vive la reprise 2008), Elsa Gelly, Claire Elzière (lauréate Vive la reprise 2000), Mathieu Rosaz, Julie Rousseau, Nicolas Fraissinet, Katrin'Wal(d)teufel (lauréate Vive la reprise 2008), Gilles Roucaute, Alcaz', Yvan Tirtiaux, Hervé Akrich, Béa Tristan, Presque Oui (lauréat Vive la reprise 2001), Cristine (lauréate Vive la reprise 2004), Hervé Lapalud (lauréat Vive la reprise 2006, qui chante une chanson de Matthieu Côte, lauréat Vive la reprise 2005), Lily Lucas (lauréate Vive la reprise 2009), Gatshen's (lauréats Vive la reprise 2009), Davy Kilembé (lauréat Vive la reprise 2009)et Bernard Joyet. Entre nous, la presque parité entre chanteuses et chanteurs.
« Le Centre de la Chanson ? C'est d'abord un homme, c'est Didier Desmas ! » Gildas Thomas
Le directeur du Centre de la Chanson, Didier Desmas (notre photo), ainsi que son président, Gérard Morel, présentent tant les grands moments de cette structure que sa philosophie. Au directeur d'en faire tant l'historique que le portrait fidèle, au quotidien. Au président élu, au demeurant chanteur, d'en tirer philosophie : « On ne peut pas se contenter de faire l'artiste. Dans le cliché, des artistes, c'est une société de rêveurs. C'est un bruit qui court. En fait, c'est plus concret que ça. On défend un point de vue, on raconte des histoires, on défend des idées mais on est aussi citoyens, on est dans une société. Une chose qui m'intéresse particulièrement, parce que j'ai eu à me poser cette question quand j'étais plus jeune, c'est comment on se lance dans ce métier. Aujourd'hui, où le statut d'intermittent est un danger, le plus grand risque que fait courir cet abandon est le mauvais accompagnement pour entrer dans le métier. Quelqu'un qui a dix-huit ou vingt ans, s'il veut chanter il chantera de toutes façons. Mais si on l'accompagne mal dans sa façon de s'insérer professionnellement il chantera dans une marge qui va se créer, se développer. Et ce n'est pas bien sur cette façon de faire ce métier, de faire notre petit artisanat. J'insiste sur le terme « artisanat » parce qu'on est dans une partie de la chanson qui est artisanale, un peu par opposition à la partie plus industrielle, qui fait des choses qui m'intéressent aussi, mais nous on est dans cette partie-là. Le Centre de la chanson essaye de donner des outils « sociaux », d'organisation, de façon de connaître tous les rouages de ce métier, les sociétés civiles... Le Centre de la chanson s'attache à mettre de l'huile dans tout l'environnement autre qu'artistique dans ce métier. Ça, ça m'intéresse. »
Centre de la Chanson, 24 rue Geoffroy-L'asnier, 75004 Paris - Tél.01.42.72.28.99
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TRANCHES DE SCÈNES La singulière collection !
Cette huitième pièce de la collection « Tranches de scènes » est le quatrième et dernier volet du second abonnement (vous me suivez ?). Occasion s'il en est de renouveler votre abonnement pour quatre volumes supplémentaires ou d'enfin en souscrire un (il n'est jamais trop tard pour bien faire). A l'heure où la presse chanson a quasi disparu des kiosques, « Tranches de scènes » s'avère être un magazine chanson très utile, plus même : indispensable. Avec cependant une économie des plus fragile, qui rend la périodicité parfois aléatoire. Plus d'abonnés, c'est l'assurance d'une collection dynamique avec un rythme de parutions plus important. Ce dont nous ne nous plaindrons pas. Les prochains « Tranches de scènes » devraient s'organiser l'un autour de Bernard Joyet (n°9), l'autre de Michèle Bernard (n°10). Et pour plus loin ? Éric Nadot (notre photo), ce fou dingue à l'origine de cette collection, ne cache pas son envie de consacrer les suivants à Rémo Gary, Romain Didier puis Yves Jamait. http://www.chanson-net.com/tranchesdescenes/
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